Insolite et tangible, la traversée de l’île à bord du Train Hershey reste une expérience unique pour qui cherche le mélange du voyage et du patrimoine. Le trajet relie la rive Est de La Havane à Matanzas et serpente par des villages où le temps paraît s’être arrêté.
Le train Hershey à Cuba décrypté : horaires, ambiance et arrêts pour une traversée authentique
Ce vestige électrique, né des ambitions industrielles de Milton Hershey au début du XXe siècle, fonctionne encore aujourd’hui comme un transport historique entre La Havane (gare Casablanca) et Matanzas. La ligne, d’origine conçue pour le fret sucrier et les ouvriers, est devenue au fil des décennies une petite aventure ferroviaire pour les voyageurs et les locaux.
On compte généralement trois départs par jour dans chaque sens : matin, midi et fin d’après-midi, avec des horaires comme 04:45, 12:20 et 16:35 au départ de La Havane, et des retours similaires depuis Matanzas. Le rythme est lent, les arrêts nombreux — près d’une cinquantaine selon les ouvrages — et les retards font partie du voyage. Cette lenteur est aussi une qualité : elle offre le temps d’observer le paysage et d’entendre le chant mécanique du train.
Insight : le Train Hershey n’est pas seulement un moyen de transport, c’est un témoin vivant du patrimoine ferroviaire insulaire, une boussole pour qui veut trouver le nord d’un Cuba hors des sentiers battus. 🧭

Comment organiser la traversée : logistique, billets et accès aux plages (Jibacoa, Canasi)
Pratique et peu coûteux, le trajet part de la gare Casablanca sur la rive Est du port habanero. Les tarifs restent très modestes : par exemple, une course jusqu’à Jibacoa tourne autour de 1.65 USD pour un adulte, tandis que la totalité jusqu’à Matanzas avoisine 2.80 USD. Pour les familles, les tarifs enfants sont environ la moitié des prix adultes.
Arriver à Jibacoa ou Arcos de Canasi pose la question du dernier kilomètre : le village de Jibacoa est à environ 5 km de la plage, Canasi à 6 km. Les taxis privés sont rares et la route entre Canasi et la plage est moins agréable à pied que celle venant de Jibacoa. Si les bagages sont légers, la marche est faisable ; sinon, prévoir de négocier un taxi particulier ou tenter l’auto-stop avec patience. ⚠️
Insight : anticiper le transfert final change tout — un sac léger, une paire de chaussures adaptées et une petite boussole mentale suffisent souvent à transformer la logistique en un élément d’aventure.
Le matériel roulant porte l’empreinte du temps : voitures datées de 1944, offertes par Barcelone en 1997, assises en bois poli et tôles qui craquent. Cette matière parle aux mains : on sent le grain du bois, la fraîcheur du métal, et parfois l’odeur d’huile chaude des transmissions. Prévoir de l’eau, un chapeau et une approche cordiale avec le personnel local — l’attitude pratique paie plus que l’apparence.
Ambiance, confort et conseils d’un œil d’artisan : quoi prévoir pour profiter du voyage
Le confort n’est pas moderne ; il est honnête. Les sièges en bois invitent à s’asseoir droit, à écouter le bruit des essieux et à imaginer les cargaisons de canne à sucre d’autrefois. Les pannes sont possibles, les arrêts impromptus aussi — c’est le revers du charme. Une trousse de réparation personnelle (ruban, ficelle, batterie externe) reflète bien l’esprit de qui voyage utilement plutôt que pour paraître.
Pour les photographes et curieux, privilégier les départs matinaux pour une lumière plus douce. Les haltes dans les villages offrent des moments de partage : un petit commerce, une dame qui vend des beignets, un pêcheur qui répare son filet. Ces scènes transforment la traversée en véritable immersion culturelle. 📸
Insight : l’important n’est pas d’arriver vite, mais d’arriver avec des images et des rencontres — le Train Hershey est une invitation à la lenteur utile.
Patrimoine ferroviaire et tourisme responsable : préserver le dernier vestige électrique
Le Train Hershey est souvent décrit comme le dernier chemin de fer électrique encore en activité à Cuba. Sa sauvegarde relève autant d’un enjeu culturel que d’une responsabilité touristique : les visiteurs apportent une économie légère mais précieuse aux communautés desservies. Respecter les lieux, laisser les quais propres et négocier le transport local avec équité sont des gestes concrets qui prolongent la vie de ce vestige électrique.
En 2026, le train demeure un symbole — pas un musée figé. Les wagons racontent l’histoire industrielle de l’île et rappellent que le réseau ferroviaire a été une véritable artère pour l’économie sucrière. Pour qui veut comprendre l’île autrement, cette traversée est une leçon tangible de temps et de technique. ⚓
Insight final : voyager à bord du Train Hershey, c’est appréhender le matériel comme on travaille une planche — avec respect, patience et un sens pratique qui transforme chaque secousse en récit.

